Elever son enfant avant ou après ses 3 ans, quelle différence ?

Cela fait trois ans que vous vous occupez de votre enfant. Vous prenez soin de lui depuis sa naissance, vous sacrifiez vos journées (vos nuits aussi) pour lui.

Vous lui avez appris à marcher et à parler, à dire « bonjour, pardon, merci, s’il-te-plaît », à ne pas pleurer pour un petit bobo. Vous lui avez montré comment se laver les mains et le visage (en évitant de laver la salle-de-bain en même temps), comment se tenir à table, à quoi servent la fourchette et la cuillère, à ne pas renverser son verre. Vous l’avez accompagné aux toilettes pendant 6 mois pour qu’il fasse « l’apprentissage de la propreté ». Maintenant il a 3 ans, c’est un grand. Et c’est uniquement grâce à vous.

Mais alors pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Pourquoi ne pas continuer ce que vous faisiez hier si spontanément ? Votre rôle maternel s’éteindrait-il à l’instant où votre enfant souffle sur les 3 petites flammes du gâteau d’anniversaire ?

Passé cet anniversaire, apparemment les mères ne seraient plus capables. Il doit se passer un phénomène mystérieux qui nous échappe. Désormais, vous n’êtes plus censées vous en occuper. Ce n’est pas normal, vous devez le mener à l’école en petite section de maternelle parce que la maîtresse, elle, sait faire, c’est son métier.

Pourtant vous vous doutez un peu que ça va être comme à la maison, non ? Il va jouer, écouter, répéter, observer, chanter. Puis rejouer, déjeuner, dormir, écouter, etc…

Mais alors si c’est pareil, autant rester à la maison. En plus, vous saurez ce à quoi il joue, ce qu’il écoute, ce qu’il répète.

On nous explique alors que l’environnement familial n’apporte pas tout ce que l’école lui apporte, surtout les activités vraiment »scolaires ». Pourtant des activités gratuites (par milliers) sur internet ou bien des cours payants comme la Boîte à Bons Points sont amplement suffisants. Votre enfant n’est pas en prépa HEC, il est en petite section de maternelle. Vous savez ? Coloriage, découpage, collage, peinture, comptines, toutes ces choses pas très compliquées en somme. Deux ou trois séances « officielles » de 15 mn par jour, c’est déjà énorme.

Nous nous inquiétons souvent sur des problèmes dont les solutions sont simples. Plus c’est évident, plus nous doutons. Notre esprit intelligent et éclairé du XXIème siècle n’aime pas les réponses simples qu’il juge vite simplistes. Pourtant la vérité est simple : votre enfant ne deviendra pas oisif sous prétexte qu’il ne va pas à l’école, c’est physiquement impossible (à moins de lui coller un écran devant les yeux mais ça c’est un autre sujet). Vous obtiendrez facilement à la maison seule avec votre enfant ce que la maîtresse et son assistante tentent d’obtenir avec une vingtaine l’élèves.

Ne serait-ce pas plutôt l’école soi-disant maternelle qui ne peut offrir à un enfant ce que l’environnement familial lui offre. Et surtout ce dont il a réellement besoin. Les besoins spécifiques d’un enfant de 3 ans (sans faire de la psychanalyse de comptoir) ne seraient-ils pas principalement la disponibilité d’un parent pour l’accompagner (sans forcer) dans sa découverte du monde, et l’affection indispensable de ce parent ?

Je crois qu’une maîtresse, aussi merveilleuse soit-elle, peut difficilement vous remplacer. Vous êtes la compagnie préférée de votre enfant. Vous restez la mieux placée pour observer (discrètement) votre enfant, apprécier ses progrès, repérer des comportements, ajuster en fonction, proposer, ne pas insister, réessayer plus tard, etc… Et la plus complice pour jouer avec lui.

Vous le faisiez bien hier, vous le ferez encore mieux demain.

 

Si vous voulez me faire part de vos commentaires, n’hésitez pas ci-dessous.

Une réflexion sur « Elever son enfant avant ou après ses 3 ans, quelle différence ? »

  1. Bonjour, c’est clair, de toute manière « on » n’a pas appris à l’enfant, il a appris tout seul, « on » lui a montré et il copie parce qu’il sait surtout imiter. Donc l’enfant imite l’adulte, quel adulte voulons nous qu’il ait pour le copier?……Finalement c’est nous même que nous allons éduquer, ou rééduquer…

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