Citation

Mardi 12 mars

Plus qu’une citation, je vous propose aujourd’hui de larges extraits d’un livre fantastique. Il a été édité en 1905 suite à des conférences à Paris pour les pères de famille (mais ça peut nous inspirer aussi). Comme il y a peu de chances que vous le trouviez ailleurs sur le web, j’ai décidé d’en publier une bonne partie donc là c’est le 1er épisode.

     « Je suppose un père qui comprenne toute la gravité de son devoir, et soit préparé à le remplir, décidé à faire les sacrifices nécessaires, à travailler aussi longtemps qu’il le faudra, sérieusement, personnellement, à l’éducation de ses enfants; que devra-t-il faire ?

     Tout peut se ramener aux points suivants : la correction, la religion, l’exemple, la préservation, la dernière éducation, l’avenir.

     Le devoir de correction est la conséquence immédiate de la déchéance originelle. L’homme ne naît pas naturellement bon, comme l’a prétendu Rousseau.[…]

     La correction exige du père et de la mère quatre qualités : la clairvoyance, la fermeté, la bonté et l’entente mutuelle.

     La correction exige la clairvoyance parce que c’est une oeuvre de lumière et de sagesse, et qu’avant tout il faut y voir clair. Il faut voir clair sur le but à atteindre; il faut des idées nettes, des principes solides, viser à élever les enfants pour Dieu et non pour soi-même.[…] Il faut y voir clair sur les enfants eux-mêmes. Ceux-ci ne se ressemblent pas; leurs natures physiques et morales sont essentiellement différentes. Les traiter tous de la même manière, c’est une erreur et une faute. Il faut étudier la nature spéciale de l’enfant, son caractère, ses qualités, ses défauts, pour savoir comment on devra le prendre, ce qu’on pourra exiger, la mesure d’effort dont il sera capable, ce qu’il y aura de principal à combattre et à développer chez lui. […]

     C’est une oeuvre de force, elle demande de la fermeté. Celle-ci manque encore plus que la clairvoyance.[…] On ne veut plus, on ne sait plus commander, ni défendre, ni, ce qui est capital faire vouloir les enfants.

     Mais la fermeté n’est pas l’emportement, la colère, la brutalité, la raideur, le caprice, la passion, l’injustice. La fermeté doit être juste et patiente […] contenue, maîtresse d’elle-même. […]

     A la fermeté il faut joindre la bonté pour se faire aimer des enfants. Sans elle, la fermeté serait odieuse et repoussée, ou subie comme un esclavage. […] Ce n’est pas une bonté de concession et de faiblesse, […] ce n’est pas non plus, de la part du père, une bonté trop familière, une bonté de camarade. […] Les plus grands maîtres de l’antiquité , comme Platon et Cicéron, et ceux des temps modernes, en fait d’éducation, se sont nettement prononcés sur ce point. La camaraderie nuit au respect et à l’autorité.

     Il faut une bonté digne et forte, ferme et sans faiblesse, et qui ne s’inspire en toutes choses que du véritable bien de l’enfant; une bonté qui soit le reflet et l’image de celle de Dieu, la seule qui mérite d’être appelée la bonté paternelle. […]

     Enfin, parce que vous êtes deux, parce qu’il y a la mère à côté du père, la mère qui a sa large part dans l’éducation, et son autorité, elle aussi, sur l’enfant, il est essentiel qu’il y ait entente mutuelle. Cela est très rare. […] Faites-vous vos mutuelles observations en particulier, jamais devant les enfants. […]

     Avec l’entente mutuelle, la bonté, la fermeté, la clairvoyance, l’oeuvre de correction se fera. A une condition cependant, c’est que la religion sera là pour tout inspirer, tout relever, tout vivifier.

     Sans la religion, pas d’éducation possible.

     Les moins religieux le reconnaissent, quand ils sont sincères, je veux dire quand ils ne font pas oeuvre de sectaires, mais oeuvre de pères, quand il s’agit de leurs propres enfants.

     Diderot faisait lui-même le catéchisme à sa fille; et il répondait à un ami qui s’en étonnait : « On n’a pas encore trouvé de meilleur moyen d’éducation ».

Le mari, le père et l’apôtre, Abbé de Gibergues (1901)

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